Marie Fages

11004917_1064831523542722_1801793753_nJe suis scénographe-cinéaste, un peu nomade. Ma passion pour le lieu que j’habite et les lieux qui m’habitent m’a portée à changer plusieurs fois de terrain de vie, afin d’expérimenter des nouveaux environnements.

J’ai été vivre (et étudier) quelques années à Rome, un peu à Londres, à Paris puis à Berlin, toujours en tentant de ressentir pleinement le lieu où je me trouvais.

J’ai pas mal travaillé en tant que décoratrice sur des projets de cinéma, et le temps des « repérages » est un moment que je trouve déterminant. Il y a des lieux qui fonctionnent, et d’autres pas du tout. Et c’est pas forcément logique par rapport au scénario. Cette alchimie-là, j’ai voulu l’expérimenter en créant mes propres films. J’en ai surtout réalisé un, pour mon diplôme à l’école des Arts Déco à Paris: « La promenade d’Electre ». J’avais en tête cette tragédie, Electre, je cherchais son lieu, il me fallait une frontière, un no man’s land, et je l’ai trouvé: dans les passages de la dalle de la Défense, à Paris.

Depuis, je poursuis ma recherche, en marchant beaucoup dans les villes, et soit j’ai une histoire en tête et j’essaie de trouver son lieu, soit il y a des lieux qui m’inspirent ou m’évoquent des histoires – souvent très éloignées de l’Histoire-même du lieu.

La scénographie implique, entre autres, de modeler des espaces, ceux des histoires qui s’y racontent. Eh bien c’est ce que je cherche à produire dans mes films. Le cadrage me permet de retailler dans l’espace qui se trouve devant moi, le périmètre qui sert à ma fiction. J’utilise le montage aussi, pour façonner le sens du lieu. Dans « La promenade d’Electre », j’ai eu recours à des maquettes, également.

Bref, j’essaie de trouver l’association inattendue qui propose un autre point de vue sur l’histoire, et sur le lieu.